Pour que mobilité rime avec égalité (h/f)- les présentations du colloque du CWEHF

Vous êtes nombreux à nous demander les actes de la journée d’étude que le CWEHF a organisée à Liège, au Conseil Economique et Social de Wallonie, le 14 mai 2012: les voici! Lors de cette journée, on a passé sous la loupe les comportements différenciés de mobilité entre hommes et femmes. Au cours d’échanges riches et animés, modérés par Mathilde Collin, présidente sortante du CWEHF, onze orateurs des milieux institutionnels, universitaires, associatifs et de la recherche-action ont chaussé leurs lunettes de genre pour passer au crible les données chiffrées et les statistiques, dont certaines collectées en primeur pour l’événement, mais aussi retracer les expériences de terrain menées par ou avec des femmes. Des débats intenses où les défis de la mobilité dans son acception large, dépassant la seule notion de déplacement physique, se sont illustrés dans leur diversité. Une conclusion commune: la mobilité « masculinisée » est une disposition mentale qui conforte les modèles sexués traditionnels. Dans certains cas, le sentiment subjectif d’insécurité vécu par les femmes va jusqu’à restreindre l’accès qu’elles s’autorisent à l’espace public.

Voici la présentation de David Morelle, Conseiller au Cabinet du Ministre de l’Aménagement du Territoire: « Intégration des résultats des Ateliers (du territoire) dans la nouvelle vision de l’Aménagement du Territoire »

Voici la présentation de Claudine Lienard: « Mobilité sexuée et enjeux sociaux »

Voici la présentation de Véronique Huens (SAW-B): « Genre et mobilité : les réponses de l’économie sociale »

Voici la présentation d’Eric Cornelis (FUNDP): « La mobilité des Belges (h/f): analyse des résultats de l’enquête nationale de mobilité « BELDAM »  »

Voici la présentation d’Olivier Marchal (CSEF): « Accessibilité des femmes à l’emploi et à la formation: égalité des chances et incidences de la mobilité »

Voici la présentation de Jean-Luc Dossin, Cellule de mobilité du CEPAG/FGTB wallonne: « Les aspects « genre » des Plans de Déplacement en entreprise »

Voici la présentation de Sandrine Vokaer, Project Manager Taxistop/Cambio: « Covoiturage et carsharing : Des solutions alternatives à la voiture également plébiscitées par les femmes »

Voici la présentation de Carmen Sanchez et Patrick Dessart (Pro Vélo): « A Vélo Mesdames! »

Voici le texte présenté par Dominique Poggi, sociologue, chercheure indépendante : « Point de vue des femmes sur l’aménagement urbain et droit à la ville pour toutes » – Résultats d’une recherche action menée avec des habitantes des quartiers populaires de l’Est du Val d’Oise (retranscription libre)

Egalité H-F: au-delà des statistiques, un bilan qualitatif toujours mitigé

Ce 3 avril 2014, le CWEHF présente son Mémorandum à l’occasion des élections fédérales, régionales et européennes:

Dans une Europe qui a construit son identité autour de principes démocratiques et égalitaires, il est important de suivre de près les évolutions en matière d’égalité hommes/femmes et de comprendre les mécanismes qui délient le genre comme ceux qui peuvent réactiver, déplacer les différences et hiérarchies sexuées. Cette approche est d’autant plus importante que certains leaders d’opinion profitent du contexte d’incertitudes individuelles et collectives ambiant pour amener subrepticement comme une évidence l’idée selon laquelle les femmes auraient pris le pouvoir dans nos sociétés.
L’ensemble des recherches scientifiques traitant de l’évolution des conditions de vie des femmes dans les différents champs d’insertion montrent des évolutions contradictoires. Si les évolutions chiffrées des dernières décennies en matière d’éducation ou de participation au marché du travail apparaissent comme favorables, elles cachent un bilan qualitatif beaucoup plus mitigé. La qualité de l’emploi et de ses attributs (en termes de revenus, de sécurité d’emploi, d’accès à la formation et à la carrière) reste déterminée par le genre. Le diplôme s’avère un passeport encore plus important pour les femmes que pour les hommes mais celui-ci n’arrive pas à combler les inégalités entre les groupes sexués en même temps qu’il contribue à augmenter les inégalités entre les femmes elles-mêmes.

Des politiques loin d’être neutres du point de vue du genre

Au croisement entre niveau de qualification et groupe sexué, les femmes peu qualifiées se retrouvent tout en bas de l’échelle professionnelle et salariale et conjointement au sommet des risques de précarité multiforme et de pauvreté. En jeu également, une homogamie sociale au sein des couples encore bien réelle et des politiques qui sont dans les faits loin d’être neutres du point de vue du genre. Ces dernières s’appuient sur des arguments contradictoires. D’un côté, elles font appel à une égalité sexuée formelle pour asseoir les mêmes devoirs et règles à chaque citoyen et travailleur. D’un autre côté, elles continuent à s’appuyer sur une vision «traditionnelle» et stéréotypée de la famille où l’emploi et le salaire féminins continuent à être pensés comme secondaires, d’appoint. Par exemple, les emplois et salaires à temps partiels sont pensés et organisés «au féminin» sans tenir compte de la diversité des formes de familles et du fait que les trajectoires familiales individuelles ne s’inscrivent pas au hasard dans l’univers social.

On « sacrifie », puis on « teste »

En cela, l’organisation de l’emploi renforce à son tour les pratiques et pensées stéréotypées. De nombreuses recherches montrent également une tendance de fond commune aux différents types d’organisations : on «sacrifie» d’abord l’emploi des femmes, du fait du pouvoir de négociation inférieur dont elles disposent. Plus, on «teste» sur elles les mesures de déstabilisation et de dégradation statutaire de l’emploi ou de l’état providence. L’actualité offre une nouvelle illustration de cette tendance et tentation.

Il s’avère plus que jamais important de décloisonner l’analyse, la réflexion et l’action entre les différents champs : emploi, formation, famille, sécurité d’existence. Cet impératif sert l’égalité, le bien-être psycho-social de la population, mais également l’efficacité des politiques publiques. Ainsi, une analyse partielle et partiale du chômage des femmes risque fort de déplacer les dépenses d’un poste vers d’un autre mais aussi d’augmenter les coûts (en termes de santé physique ou mentale, de protection de la jeunesse…).

Dans ce contexte, la conférence «Femmes et précarité» prend toute son actualité et nul doute que les différents intervenants apporteront une pierre très utile et judicieuse au débat et à la prise de conscience.

Claire Gavray

Claire Gavray enseigne la Sociologie de la famille à l’ULg. Ses principales recherches portent sur le genre, la délinquance des jeunes, la famille à l’épreuve des sociétés.

Un panel d’oratrices sont venues témoigner des dimensions plurielles que peut présenter la précarité chez les femmes. Animée par Martine Cornil, la conférence-débat du CWEHF, « Femmes et Précarité », organisée ce 3 avril 2014 au CESW, a permis d’envisager, avec les nombreux acteurs et spécialistes de la problématique sur le terrain, des pistes de prévention.

Voici la présentation de Mme Eveline Duhamel, membre de la Délégation aux Droits des Femmes et à l’Egalité du Conseil Economique, Social et Environnemental français (CESE), rapporteuse, avec M. Henri Joyeux, de l’étude « Femmes et précarité » du CESE

Voici la présentation de Mme Danièle Meulders, Professeure d’économie à l’Université Libre de Bruxelles et directrice adjointe du Réseau de recherche international et pluridisciplinaire « marché du travail et genre » (MAGE-CNRS)

Pour que mobilité rime avec égalité (h/f)- colloque du CWEHF

Colloque 15 mai 2012Le 15 mai 2012 se tenait au CWEHF une journée d’étude intitulée « Pour que mobilité rime avec égalité (h/f) » consacrée aux comportements différenciés de mobilité entre hommes et femmes.

En deux sessions, dont l’une consacrée au cadre statistique, suivie d’exposés et de cas pratiques, un panel diversifié d’intervenants issus des milieux institutionnels,
universitaires, associatifs et de la recherche-action se sont succédés à la tribune pour échanger sur les questions suivantes : quel est l’impact des possibilités de déplacement sur la répartition sexuée des rôles sociaux ? Comment les hommes et les femmes s’accommodent-ils (ou non) des possibilités offertes pour se déplacer ? Quelle est la perception par les individus des incidences des facteurs de mobilité sur leur vie, leur carrière, leur émancipation individuelle et citoyenne ? Quelles actions peuvent mettre en oeuvre les parties prenantes pour tenir compte des spécificités des différents publics dans leurs modes de déplacement ? Quelles action de terrain peuvent contribuer à une mobilité citoyenne, égalitaire et durable?
Ces différentes interventions se sont clôturées par la conférence de presse donnée par la Présidente du CWEHF, Mathilde Collin, le 7 juin 2012.

Conférence-débat « Femmes et Précarité » du CWEHF – 03/04/2014, de 9h à 13h

A l’occasion de la publication de son Mémorandum, le Conseil wallon de l’égalité entre hommes et femmes a le plaisir de vous inviter à participer à la conférence débat « Femmes et Précarité » qu’il organise au Conseil économique et social de Wallonie (CESW), avec la participation de la Maison des Sciences de l’Homme de l’ULg, ce jeudi 3 avril à Liège, au Vertbois, salle Wallonie, entre 9h et 13h.
Invitation Femmes et Précarité
En prévision des élections législatives fédérales, régionales et européennes du 25 mai 2014, le CWEHF souhaite mettre l’accent sur deux secteurs fortement impactés par les réformes en cours, à savoir le marché de l’emploi (politiques de soutien à l’emploi – APE, titres services) et les allocations familiales. Dans le paquet de réformes en cours, certaines conditions rendues plus strictes en matière d’ouverture des droits au chômage auront de lourdes conséquences sur certains publics déjà fragilisés parmi lesquels figurent les femmes, dont les cheffes de ménage, ce dès le 1er janvier 2015.

Quelles inégalités peut-on constater sur le marché du travail ? Quels sont les leviers des politiques publiques sur la pauvreté, la protection sociale, la redistribution des revenus ? Comment appréhender certains mécanismes producteurs d’inégalités, sur le marché du travail notamment ? Quelles sont les spécificités féminines potentiellement vectrices de précarité au regard de l’emploi et quel est l’impact des situations précaires tout au long de la vie des intéressées ?
Comment organiser une insertion sociale et professionnelle garantissant des conditions de vie dignes aux femmes concernées ? Comment éviter la féminisation croissante de la pauvreté et de l’exclusion ? Les oratrices suivantes sont invitées à en débattre :

– Mme Eveline Duhamel, membre de la Délégation aux Droits des Femmes et à l’Egalité du Conseil Economique, Social et Environnemental français (CESE), rapporteuse, avec M. Henri Joyeux, de l’étude « Femmes et précarité » du CESE ;
– Mme Danièle Meulders, Professeure d’économie à l’Université Libre de Bruxelles et directrice adjointe du Réseau de recherche international et pluridisciplinaire « marché du travail et genre » (MAGE-CNRS) ;
– Mme Christine Mahy, Secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté ;
– Mme Dominique Dauby, Présidente du CWEHF.

Pour consulter le programme détaillé de cette matinée, cliquez ici.
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L’Observatoire de l’Enfance travaille à une critériologie adaptée pour les milieux d’accueil

Mme Malvina GOVAERT, Directrice de recherche à l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la jeunesse, est venue ce 10 février présenter au CWEHF l’état des recherches réalisées par son service.
L’Observatoire a été mis en place pour fournir aux décideurs les éléments de connaissance relatifs aux aspects de la vie de l’enfant et du jeune, suffisants pour étayer les politiques publiques. Pour ce faire, il s’entoure d’une équipe multidisciplinaire : psychologues du développement, diplômés en sciences politiques, sociologues et économistes.

La présentation du jour porte sur une importante recherche menée en 2010 sur les indicateurs de développement à l’accueil de l’enfance, avec l’ULB-DULBEA et Marc Demeuse (UMONS). Le Powerpoint de cette présentation figure ci-dessous.
Quelles sont les caractéristiques du « véhicule » ou cadre conceptuel de l’accueil et de l’éducation : école, pouvoir organisateur, réseaux ? Quel est le système d’accueil et d’éducation effectivement mis en place pour les enfants de 0 à 3 ans ? Quels indicateurs pilotent les politiques de développement ? Les recherches menées par l’Observatoire doivent cerner ces questions dans un cadre conceptuel global (comparable à celui mis ne place pour l’enseignement), explique Mme Govaert.

La recherche comporte 4 étapes :

– Caractériser les 3 fonctions de l’accueil : économique, sociale et éducative ;
– Identifier les données manquantes ;
– Identifier les éléments probants ;
– Caractériser les effets des éléments probants sur les implications en termes de choix politiques.

Mme Govaert reprend l’exemple du Plan Cigogne. Pour déterminer la façon dont l’octroi de places influence le système d’accueil et d’éducation, il faut piloter « à l’aveugle », du haut vers le bas, en calculant l’impact estimé d’un programme donné. Ce n’est pas la meilleure façon de procéder, mais elle s’explique par la non-disponibilité de collectes statistiques bottom-up.

Des valeurs et des croyances

Un cadre conceptuel implique de replacer le système d’accueil et d’éducation dans ses différentes interactions, qui sont nombreuses : emploi, affaires sociales, santé, éducation. Ces interactions s’accompagnent de structures symboliques : valeurs, croyances et représentations. Par exemple : la représentation de l’enfant de 0-3 ans promue par la FWB est « l’enfant pour ce qu’il est ». La représentation féminine porte la valeur suivante : « l’accueil et l’éducation sont une responsabilité conjointe des parents ». Quant à la représentation qu’en ont les milieux de l’accueil et de l’éducation: « le milieu d’accueil doit favoriser l’épanouissement et le développement global de l’enfant ».

La fonction sociale de l’accueil consiste à réaliser une première socialisation de l’enfant avec inclusion sociale. La fonction économique tente de concilier responsabilité familiale et professionnelle…
La structure symbolique fonde les politiques choisies. De même, la politique répond à la structure symbolique (dia numéro 4).

Au sein de ce cadre conceptuel, l’offre d’accueil repose sur un ensemble de ressources (financières, humaines, matérielles, connaissances…), de processus (les acteurs : enfants, professeurs, services d’accueil et pouvoirs organisateurs, parents) et de besoins (des enfants et des parents).

Accessibilité, qualité, efficience

Si on tente de qualifier la conciliation des responsabilités professionnelles et familiales, on se heurte rapidement à la question suivante : l’accueil des enfants devrait-il privilégier les parents qui travaillent ou qui suivent une formation dans le cadre de la recherche d’un emploi ? Le système d’accueil et d’éducation doit être accessible, efficient, équitable pour répondre aux différentes fonctions économique, sociale et éducative. Focus sur les résultats/impacts des politiques.

Par exemple : l’accessibilité du système d’accueil et d’éducation (disponibilité, jours d’ouverture du milieu d’accueil, nombre de places offertes, accessibilité géographique, financière, acceptabilité culturelle et sociale, besoins spécifiques des enfants/familles, développement cognitif/parcours scolaire de l’enfant) va-t-il anticiper les effets sur la fonction économique ?
On peut ainsi développer des indicateurs de l’offre et des besoins, tant descriptifs (lieu de résidence, niveau d’études des parents), qu’analytiques.

Mme Govaert étaie cette démonstration de plusieurs exemples.

Indicateur de l’accessibilité et la fonction sociale de l’accueil et de l’éducation

L’indicateur se compose de la façon suivante :

x=(nombre d’enfants issus de ménages où ≤ 1 membre est au chômage ou suit une formation)/(nombre total d’enfants accueillis)

Une option est d’ouvrir l’accès des milieux d’accueil aux ménages en situation de précarité professionnelle, de façon à leur permettre de mieux organiser leur recherche d’emploi. En outre, la fréquentation d’un milieu d’accueil est un élément favorable pour les enfants issus de milieux précarisés.
Dès lors, il est cohérent d’introduire dans le Plan Cigogne un indicateur de mixité sociale des milieux d’accueil.
Or, à Bruxelles, 22% des utilisateurs de milieux d’accueil ont un niveau de scolarité faible (primaire ou secondaire inférieur maximum); 72% des utilisateurs ont un diplôme de niveau universitaire. Le gradient social est dès lors important.
Si on prend comme critère les mères qui travaillent, le différentiel reste important : 60% d’entre elles disposent d’un niveau d’études faible, 79% d’un niveau d’études universitaire.

Indicateur de taux de rotation du personnel/qualité de la fonction éducative

y=(nombre de travailleurs remplacés en cours d’année dans le milieu d’accueil)/(nombre moyen de travailleurs par année)

Indicateur de taux d’enfants accueillis au sein de leur commune de résidence

La question délicate, vu l’offre insuffisante, en particulier à Bruxelles, est de savoir combien d’enfants n’habitant pas à Bruxelles y sont effectivement accueillis. D’autant que les croisements avec d’autres banques de données, p. ex. fiscales ou issues du registre national, ne sont pas possibles.

z=(nombre total d’ enfants issus de la commune dans le milieu d’accueil)/(nombre total d’enfants accueillis)

Indicateur portant sur le pourcentage d’enfants dont la langue maternelle n’est pas le français

w=(nombre d’enfants non francophones au sein du milieu d’accueil)/(nombre total d’enfants accueillis)

La valorisation du plurilinguisme est un argument intéressant pour l’épanouissement de l’enfant.

Parmi la trentaine d’indicateurs étudiés par l’Observatoire, on compte aussi : le taux de féminisation du personnel, le taux de fréquentation du milieu d’accueil, la formation initiale/continuée du personnel…

Recommandations

L’Observatoire conseille essentiellement d’améliorer le recensement et la systémisation des données (p. ex. la collecte et la conservation des données relatives au niveau d’éducation des parents). L’optique « top-down » se révèlerait complémentaire à une approche « bottom-up » de la part des milieux d’accueil (gestion des inscriptions, projet pédagogique, pratiques du personnel, attitudes face à l’accueil de familles socio-économiquement défavorisées…).

Une réunion entre l’Observatoire et les décideurs politiques, l’ONE et l’IWEPS est prévue prochainement, concernant la mise au point de la critériologie de classement des projets d’accueil et d’éducation dans le futur Plan Cigogne III. La note est de cours de discussion avec le CESW et le Conseil économique et social bruxellois, chaque organisme remettant un avis sur cette question. Outre l’Observatoire, le comité de programmation inclut l’ONE (la direction pour l’accueil 0-3 ans et le service d’études), l’IWEPS, l’Institut bruxellois de statistiques et d’analyse (IBSA) et un membre du Cabinet du Ministre Nollet, en charge des infrastructures d’accueil de l’enfance.

Madame Govaert indique que l’indice composite de référence à cette critériologie est celui relatif aux droits humains qui comporte des indicateurs sur la pauvreté infantile. Elle estime que cet indicateur composite (dont un des paramètres est …la défection électorale dans la commune) n’est peut-être pas le mieux à même de quantifier les besoins d’accueil et d’éducation des jeunes enfants. Dès lors, quelles sont les questions qui vont permettre de construire un indice composite adapté ?

L’enjeu de cette critériologie est important : comment décliner les indicateurs en fonction des types de milieux d’accueil (tous milieux d’accueil, subventionnés et non subventionnés, confondus). Si on favorise tel type de milieu d’accueil, quel type de réponse veut-on favoriser ?

Un indicateur possible du niveau socio-économique des parents, indique Mme Govaert, est la participation financière parentale (PFP) moyenne dans les milieux subventionnés (qui reflète plus ou moins le revenu des ménages).
Elle mentionne aussi le résultat d’une étude PEPSI (Politiques publiques pour promouvoir l’emploi des parents et l’inclusion sociale) menée par le DULBEA (service de Mme Danièle Meulders) sur l’égalité des genres : typologie des pratiques recensées en matière de congés parentaux, cash benefit, service d’accueil d’enfants… au titre de régulateurs de la présence des mères sur le marché du travail.

(le descriptif de l’étude est consultable sous le lien : http://www.ulb.ac.be/soco/pepsi/rapports.htm.)

Mme Govaert indique qu’en Belgique, à l’inverse des tendances observées dans les autres pays européens, les recherches du DULBEA n’ont pas conclu à un effet direct sur l’emploi des politiques publiques menées dans le secteur l’accueil et de l’éducation des enfants (congés parentaux, services d’accueil de la petite enfance…).
Par contre, on a pu établir que la fréquentation de milieux d’accueil par des enfants socialement et culturellement défavorisés exerce un effet bénéfique sur ceux-ci. L’Observatoire plaide dès lors pour une réorientation de la politique de l’enfance vers ces types de milieux d’accueil.

Le débat revient sur le gros problème que constitue la non-centralisation des données à la base. Il faudrait commencer par les inscriptions, remonter vers les données relatives aux enfants, aux ménages, aux pouvoirs organisateurs. Certains indicateurs sur les familles monoparentales pourraient être mis en place.

Sur la différence entre « équité » et « égalité »: Mme Govaert indique que les « inégalités » deviennent « inéquitables », si dans le cas de mesures « injustes, évitables et inacceptables ».

Voici la présentation de Mme Malvina Govaert

Sensibilisation aux enjeux de l’égalité: un nouvel outil pour les asbl

Le 20 janvier dernier, M. Patrick Liebermann et Mme Audrey Heine de la Direction de l’Egalité des chances, accompagnés de Mme Anaïs Fanara, Conseillère en communication de Mme Fadila Laanan, Ministre bruxelloise de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des chances, sont venus présenter au CWEHF un outil pratique de sensibilisation aux enjeux de l’égalité au sein des asbl.

Le Powerpoint de la présentation de M. Liebermann est joint ci-dessous.
Ce projet-pilote se situe dans la mouvance du cadre législatif destiné à promouvoir une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les conseils d’administration des organismes privés agréés par la Région wallonne, sur lequel le CWEHF avait remis un avis.

Un état des lieux

L’outil envisage quatre domaines de fonctionnement de l’égalité entre hommes et femmes au sein des associations : la prise de décision ; la gestion des équipes ; les activités de l’asbl ; la communication. Le document se veut un vademecum destiné à permettre aux associations du secteur non marchand de réaliser un rapide état des lieux de la situation. La Direction de l’Egalité des chances recherche une dizaine d’associations issues de différents horizons de la Communauté française et désireuses de s’engager à développer un plan d’égalité. Elle émettra prochainement un appel à candidatures à cette attention.
Les chiffres présentés dans la brochure proviennent de deux sources : la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’IEFH. Les associations visées appartiennent aux secteurs suivants : culture et audiovisuel, aide à la jeunesse, jeunesse, sport, santé et éducation.
La méthodologie de projet consiste en trois étapes : réaliser un rapide état des lieux, comprendre les constats observés (statistiques, définitions), prodiguer des conseils pour agir.

Constats pour agir

Les constats les plus classiquement observés au sein des structures sondées sont : les stéréotypes de sexe ; l’autocensure ; la difficulté à concilier vie privée – vie professionnelle ; le besoin d’encouragement ; la sous-estimation de soi ; la ségrégation horizontale et verticale, etc.
Quelques-uns des conseils proposés pour agir :
– Favoriser l’accès aux postes à responsabilités
– Donner une meilleure information sur les mandats
– Valoriser les compétences
– Repenser le fonctionnement des instances…
Ces conseils à l’implantation d’une méthodologie, sur les 4 volets de l’égalité indiqués ci-dessus, seront prodigués par des opérateurs externes en cours d’identification.

Carence de statistiques

M. Liebermann confirme la faiblesse des données existantes. Par exemple, la FWB n’a pas, comme la Wallonie, établi de cadastre des associations concernées. Toute donnée chiffrée, même non validée, est dès lors bienvenue. Les suggestions écrites étaient attendues pour le lundi 27/01.
Vous souhaitez contribuer au développement de l’outil de sensibilisation pour les asbl ou apporter votre témoignage des bonnes pratiques mises en oeuvre au sein de votre structure, contactez patrick.liebermann@gov.cfwb.be et audrey.heine@cfwb.be

Indicateurs de suivi (h/f) du Plan Marshall 2.vert: une collecte délicate mais des progrès en vue

Alain VaessenAvec ses 165 actions et presque 3 milliards inscrits au budget, le Plan Marshall 2.vert compte pour quelque chose dans l’image de dynamisme que la Wallonie renvoie à l’extérieur… et dans le moral des Wallons. Le Délégué spécial du Service public de Wallonie, Alain Vaessen, était ce 10 juin l’invité du CWEHF.
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Famille, familles: quelle politique? Une journée d’étude pour faire le point

Colloque FPS du 23 avril 2013Qu’est-ce que la « famille » ? Quelle place doit lui être accordée ? Et plus largement, quelle politique familiale doit être mise en place? Quelles sont les conséquences du transfert aux communautés des allocations familiales? Quelle répartition faut-il promouvoir pour plus d’égalité ?
Telles sont les questions qu’ont abordé divers intervenants  ce 23 avril, lors d’un colloque : « Famille, familles : quelle politique ? »  organisé par les  Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) à Bruxelles. Le point a été fait sur la situation actuelle des politiques publiques en lien avec les familles avec un focus sur les allocations familiales.

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Où l’on reparle du statut des conjoints aidants en agriculture

Stéphanie Taymans et Rachel DelefortrieCe 15 avril, Stéphanie Taymans (cellule Travaux publics) et Rachel Delefortrie (cellule Agriculture), collaboratrices au Cabinet du Ministre Di Antonio (travaux publics, agriculture, ruralité, nature, forêt, patrimoine) ont aimablement répondu à l’invitation du CWEHF et se sont prêtées au désormais traditionnel exercice de questions-réponses dans le champ des compétences ministérielles. Lire la suite