Gender mainstreaming en Wallonie : patience, on y travaille !

empathy map - méthodologie AEI pour les TPE

Empathy Map – méthodologie AEI pour les TPE

Le Gouvernement wallon parcourt en ce moment le rapport intermédiaire sur l’avancement de l’intégration de la dimension de genre dans les politiques régionales (décret du 11 avril 2014), connu sous l’appellation de Plan Gender.

Là où les Anglo-Saxons, qui ont le sens de la formule, ont réussi à insuffler l’idée en deux mots, notre langue peine à la décliner !
Je suis retournée dans les archives du CWEHF pour trouver une définition honorable. La voici :
Le Gender Mainstreaming, c’est : « mettre en place une stratégie qui a pour ambition de renforcer l’égalité des femmes et des hommes dans la société, en tenant compte des différences socialement construites, notamment socioéconomiques, entre la situation des femmes et des hommes, ainsi que de leur impact potentiel dans tous les domaines et à chaque étape des processus politiques – élaboration de lois et mesures, mise en oeuvre (évaluation ex-ante), suivi et évaluation (évaluation ex post) ».

Un gros machin à remuer, certes. Bonne nouvelle : nos politiques s’y sont attelés et se sont montrés créatifs ! On nous annonce, pour le printemps 2016, l’évaluation du plan Genre déclinant les progrès réalisés depuis 2015 en vue d’atteindre les objectifs stratégiques fixés à chaque échelon de la politique régionale wallonne, en vue d’y instaurer le Gender Mainstreaming. Un cahier de mesures hyper détaillées donc, suivant la méthodologie spécifique en trois étapes du Gender Mainstreaming qui consiste à :

  • Comprendre : analyser la composition sexuée des groupes ciblés par les politiques et identifier les différences qui existent entre les situations respectives des hommes et des femmes (eg. : précarité des familles, accès au logement, maintien à domicile des personnes âgées ou handicapées, accès à l’entrepreneuriat, sensibilisation au numérique, mobilité…) ;
  • Evaluer : dans quelle mesure ces différences sont problématiques en termes d’égalité d’accès des femmes et des hommes à l’exercice de leurs droits fondamentaux (ensemble des droits découlant du respect de la dignité humaine, des libertés fondamentales, de l’égalité entre les personnes, de la solidarité, de la citoyenneté et de la justice) ;
  • Décider : établir des politiques qui tiennent compte des résultats de l’analyse de genre et évitent ou corrigent d’éventuelles inégalités.

Une équipe formée

A cet effet, une équipe pluridisciplinaire, le GIC (Groupe interdépartemental de coordination), s’est mise en place, en février 2015. Ses contributeurs proviennent d’horizons divers et particulièrement sensibilisés à cette problématique: représentants du Ministre ayant l’action sociale dans ses attributions (qui en assure la présidence) et de chaque Ministre concerné (politiques de l’économie, de l’emploi, des pouvoirs locaux, du logement…), de la DGo5 – DG Action sociale et santé, du CWEHF, de l’IWEPS, de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH).
Ce travail collaboratif nécessite une approche scientifique à laquelle l’équipe a souhaité se former davantage. Les membres du GIC ont eu l’occasion d’échanger lors de réunions réunissant l’ensemble des partenaires. Ils ont participé à une conférence Gender Budgeting organisée par la Ville de Bruxelles en octobre 2015. Les 18 décembre 2015 et 12 janvier 2016, ils ont été coachés par un opérateur spécialisé sur les aspects théoriques, mais aussi pratiques du Gender Mainstreaming visant à aider les participants à identifier et mettre sur papier les objectifs découlant de l’interprétation du Plan Gender.

Rétroactes :

  • 11 avril 2014 : le décret intégrant la dimension du genre dans l’ensemble des politiques régionales est voté ;
  • 16 décembre 2014: une réunion à l’initiative du Ministre de l’action sociale, Maxime Prévot, permet au CWEHF et au monde associatif de présenter les objectifs qu’ils jugent porioritaires en matière d’égalité homme-femme;
  • 13 février 2015 : le GIC, groupe de travail pluridisciplinaire, est installé en vue de monitorer le Plan Gender;
  • 26 février 2015 : le Gouvernement wallon s’engage à intégrer, d’ici 2019, la dimension de genre dans deux politiques au moins par Ministre compétent (voir infographie);
  • 6 mars 2015: Le Plan Genre et ses 16 politiques sont officiellement présentés au Parlement wallon ;
  • Février 2015 –février 2016 : plusieurs réunions du GIC ont lieu pour modéliser et rédiger les « fiches pratiques » (suivi des politiques dans chacun des ministères concernés) ;
  • 3 mars 2016 : Dépôt du rapport intermédiaire d’évaluation du Plan Gender, comportant une fiche pratique par politique visée, au Gouvernement wallon.

Des fiches hyper-détaillées

Voici un aperçu des fiches réalisées. La colonne de gauche retrace l’objectif stratégique concerné, la colonne de droite traduit celui-ci en langage « genre » :

Capture 11-03 part 1

 

 

Capture 11-03 part 2
Paul Magnette (PM): Ministre Président
Maxime Prévot (MP): Vice-Président et Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine
Jean-Claude Marcourt (J-C M): Vice-Président et Ministre de l’Economie, de l’Industrie, de l’innovation et du Numérique
Paul Furlan (PF): Ministre des Pouvoirs locaux, de la Ville, du Logement et de l’Energie
Carlo Di Antonio (CDA): Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité, des Transports et du Bien-être animal
Eliane Tillieux (ET): Ministre de l’Emploi et de la Formation
Christophe Lacroix (CL): Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative
René Collin (RC): Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives

Exercice pratique

Vous voulez un exercice pratique ? Prenons, à tout hasard, la sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin. Envoyons-y la sauce « genre ». Cela donne :

  • Quel est l’objectif opérationnel?
    Sensibiliser à un accès égal à l’entrepreneuriat en vue d’augmenter la proportion d’entreprises dirigées par des femmes.
  • Quel est le groupe cible concerné?
    Le groupe des femmes susceptibles d’entreprendre en Wallonie. 30% des entrepreneurs en Wallonie sont des femmes. Parmi elles, 70% sont indépendantes, 20% ont créé leur entreprise et 10% ont adopté le statut d’aidant. On sait que la motivation à entreprendre des femmes est stimulée essentiellement par la volonté de pallier un emploi perdu ou absent (20%) ou par la détection d’une opportunité (80%) liée au désir d’être son propre patron, voire de réaliser un défi ou un rêve.
  • En quoi la situation des personnes concernées par cette politique diffère-t-elle entre les femmes et les hommes ?
    Il faut ici investiguer les freins ou obstacles spécifiques aux femmes aspirant à la création d’entreprise, ainsi que les contraintes qui caractérisent plus spécifiquement les femmes. Exemples de freins : l’aversion au risque, la difficulté de concilier vie professionnelle et vie familiale, le manque de confiance des interlocuteurs financiers…
    Exemples de contraintes : la conciliation vie-privée/vie professionnelle est davantage le fait des femmes qui consacrent plus de temps hebdomadaire que leurs homologues masculins aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants (64h/semaine en moyenne pour les parents travailleurs femmes contre 56 heures/semaine pour les parents travailleurs hommes).
  • L’exercice des droits fondamentaux est-il affecté par ces différences entre hommes et femmes?
    Ici, on analyse le ressenti des femmes par rapport à ces obstacles et à ces freins. Celui-ci est amené à varier suivant la génération (X, Y…) et les époques (avant, pendant ou « après » la crise de 2008…)
  • Quels sont les aménagements déjà mis en œuvre pour favoriser l’accès égal à l’entrepreneuriat ?
    Différents appels à projets, des actions coordonnées par les opérateurs publics de l’animation économique (l’AEI, qui pilote l’intégration de la dimension « genre » dans la sensibilisation à l’entrepreneuriat) et les réseaux d’ambassadrices de l’entrepreneuriat, la production de statistiques et d’indicateurs relatifs à l’entrepreneuriat féminin, de nouveaux produits et services financiers…

A suivre !

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Gender mainstreaming en Wallonie: 1, 2, 3, Go!

La Marche mondiale des femmes emmenée par Béatrice Bashizi déposait ce 6 mars son cahier de revendidactions au Ministre

La Marche mondiale des femmes, emmenée par Béatrice Bashizi, déposait ce 6 mars son cahier de revendications au Ministre Maxime Prévot

A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, ce 6 mars 2015 revêtait une consonance particulière. C’est en effet le jour choisi par le Parlement wallon pour lancer officiellement le Gender mainstreaming comme outil de mise en œuvre et de monitoring de l’égalité au sein des politiques wallonnes. Intitulée « Les femmes, au coeur des politiques wallonnes », cette journée fut conviviale et marquée d’un sceau de fraîcheur par la présence emblématique de la jeune comédienne bruxelloise Marie Kremer. Le CWEHF a participé étroitement à ce lancement, en organisant au sein de ses membres la collecte des données de base, les « priorités défendues à raison de deux priorités par Ministre compétent ». Une tâche d’ampleur, rondement menée en décembre dernier.

Le principe du Gender mainstreaming est d’apporter au cœur des politiques une évaluation transversale et continue des implications relatives à l’égalité des genres. Le 11 avril 2014, le Parlement wallon votait le décret visant à la mise en œuvre des résolutions de la Conférence des Nations unies sur les femmes dont la première édition a eu lieu à Pékin en 1994.
En reconnaissant qu’hommes et femmes peuvent avoir des besoins différents, le plan se donne pour objectifs de corriger d’éventuelles inégalités entre ces protagonistes dans la société.

La délégation du CWEHF, composée d'Annie Cornet (FERULg), Cécile Dewandeler (Vie Féminine) et Sarah Hibo (FPS)

La délégation du CWEHF, composée de Annie Cornet (FERULg), Cécile Dewandeler (Vie Féminine) et Sarah Hibo (FPS)

Pour ce faire, il faut veiller, dès la genèse des politiques, à ce qu’aucune étape des processus ne vienne renforcer ces inégalités. Un travail conséquent qui ne peut se faire sans une sensibilisation adéquate des décideurs, ni un travail minutieux de collecte – et de méthodologie- statistique, pour prendre en compte ces différences.
Seize politiques (deux par Ministre wallon), y compris les aspects transversaux du budget, découlent de ce plan. Prochaine étape, menée par le GIC (Groupe Interdépartemental de Coordination): un premier rapport déterminant pour l’ensemble des politiques menées, les objectifs stratégiques que le Gouvernement wallon entend réaliser au cours de la législature 2015-2019. On attend ce rapport pour la fin de l’année 2015.
Le GIC rassemble les représentants de chaque Ministre compétent, la DG05 du SPW (Direction générale opérationnelle des Pouvoirs locaux, de l’Action sociale et de la Santé), le CWEHF, l’IWEPS, le Secrétariat général du SPW et la direction générale transversale du Budget, de la Logistique et des TIC du SPW.
Voici la présentation de Michel Pasteel, directeur de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH): « Historique du Gernder mainstreaming et première expérience fédérale »

Voici la présentation conjointe de Sile O’Dorchai, responsable de la Division Recherche et évaluation de l’IWEPS, et Rébecca Cardelli, attachée scientifique à l’IWEPS (Institut wallon pour l’évaluation, la prospective et la statistique): « L’importance du genre dans les statistiques wallonnes »

Voici la présentation de Maxime Prévot, Vice-Président du Gouvernement wallon,
Ministre de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des femmes: « Premier Plan wallon de Gender Mainstreaming »

Les cailloux blancs du Gender mainstreaming

A gauche: Françoise Goffinet, Attachée à l'Institut pour l'Egalité des Femmes et des Hommes

A gauche: Françoise Goffinet, Attachée à l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes

Le Gender mainstreaming, c’est un peu comme les cailloux blancs du Petit Poucet appliqués à l’égalité hommes-femmes, il faut en semer un peu partout sur son passage pour être sûr de retrouver un jour son chemin. Le Gender mainstreaming organisé par une loi du 12 janvier 2007 au niveau fédéral, vise « à garantir l’intégration structurelle de la dimension de genre dans les politiques du Gouvernement ». C’est l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes (IEFH) qui est chargé de l’accompagnement et du soutien de cette intégration, chapeauté, pour la coordination et la mise en œuvre de la loi, par un Groupe interdépartemental de Coordination (GIC). Experte à l’IEFH et au cœur de cette matière depuis de nombreuses années, Françoise Goffinet s’est formée au Gender mainstreaming avant de pratiquer elle-même, avec d’autres, la formation et la sensibilisation à ces techniques. Elle est venue en parler au CWEHF lors de sa séance de rentrée.

La loi du 12 janvier 2007 tire ses fondements de la « Loi Pékin » prise en 1996 au retour de la Conférence mondiale sur les femmes et de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing (1995). Le Gouvernement fédéral s’y engageait à faire rapport sur 12 domaines transversaux de l’égalité H-F tels que la pauvreté, l’éducation et la formation, la santé, les violences, la prise de décision etc.. Chaque entité fédérée concoctait dès lors, ce jusque 2013, un « rapport Pékin » annuel pondérant chaque thématique sous l’angle de l’intégration de la dimension de genre et de l’impact en matière d’égalité. « La loi de 2007 a mis un terme à l’annualité du rapport où chaque entité exprimait plus ou moins les mêmes choses à sa manière, avec un risque de redite. L’idée du Gender mainstreaming au niveau fédéral était de fournir trois rapports, l’un en début de législature, le deuxième à mi-parcours et un rapport final, ce dernier pouvant servir de base à la législature suivante », explique Françoise Goffinet.
Un cheminement dans les entités fédérées
Au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale, le projet Gender mainstreaming est mis en place en 2010 et donne lieu à l’adoption le 29 mars 2012 d’une ordonnance qui engage le Gouvernement à intégrer « la dimension de genre dans l’ensemble des politiques, mesures, préparations de budgets ou actions qu’il prend en vue d’éviter ou de corriger d’éventuelles inégalités entre les femmes et les hommes ». Par cette ordonnance, la Région s’engage à « développer des instruments de mesure de l’égalité des sexes, à récolter des données sexuées et à prendre en compte les besoins des femmes », mais aussi à considérer la dimension de genre dans les plans de gestion, marchés et contrats publics, dans les instruments de planification stratégique des services publics et l’octroi de subsides.
En Wallonie, le Gender mainstreaming ou volonté d’intégrer la dimension de genre dans l’ensemble des politiques menées fait son apparition dans la Déclaration de Politique Régionale 2009-2014. Un Plan Global wallon d’égalité des chances (PGE) articule durant la même législature la politique du Gouvernement en matière d’égalité, par type d’action visée assortie d’indicateurs quantitatifs et/ ou qualitatifs d’évaluation. Trois mesures du Plan Marshall 2.vert pointent spécifiquement l’égalité entre hommes et femmes. Enfin, le décret portant intégration de la dimension de genre dans l’ensemble des politiques wallonnes est adopté le 11 avril 2014, donnant lieu à son chapitre respectif au sein de la Déclaration de Politique Régionale 2015-2019.
Gender test – test « genre »
Depuis fin 2013, le « test genre » prévu par la loi du 12 janvier 2007 est adopté en tant qu’outil d’analyse d’impact ex ante portant sur l’égalité des femmes et des hommes, et appliqué à tous les projets de loi avant présentation en Conseil des Ministres. Il s’intègre dès lors, en janvier 2014, dans la batterie des tests « Kafka » (simplification administrative), « Développement durable » et « PME » déjà mis en place, en une analyse d’impact globale (AIR) de la réglementation. « Il a quand même fallu sept ans pour en arriver là ! », souligne Françoise Goffinet, qui poursuit : « Ce test se pratique mesure par mesure. Mais lorsqu’on apprécie l’impact différencié d’une mesure entre hommes et femmes, on entend très souvent la même chose: « pas d’impact… pas d’impact ».
Et pourtant… Le Groupe Interdépartemental de Coordination (composé de représentants de chacun des Ministres fédéraux, du Secrétaire d’Etat fédéral et de membres de l’IEFH) a bénéficié de plusieurs formations au Gender mainstreaming. Le hic : « le turn-over dans ce Groupe est très important », relève Françoise Goffinet. Dès lors, même si, grâce aux groupes de travail constitués, la collecte des statistiques sexuées s’améliore auprès des entités fédérées, il reste des trous. « Les contributeurs n’ont pas tous activé la case H-F ». Un autre problème, poursuit Françoise Goffinet, est le temps. « Le gender test se fait le plus souvent dans la précipitation, juste avant le Conseil des Ministres, sans qu’on ait accès à toutes les statistiques qui seraient nécessaires pour répondre correctement au test. Statbel, l’IWEPS, l’Observatoire de la Santé et d’autres OIP disposent tous des données adéquates, le tout c’est qu’elles soient accessibles de façon systématique et surtout au moment où on en a besoin ».
Les outils du Gender mainstreaming
Les outils techniques mis en place depuis 2011 avec l’appui de l’IEFH ne manquent pas :
– « Femmes et hommes en Belgique », statistiques et indicateurs de genre« , deuxième édition (2011)
– « Manuel pour la mise en œuvre du gender budgeting au sein de l’administration fédérale belge »
– « Egalité, mixité et associations, Guide pour l’égalité des femmes et des hommes dans les asbl »
– « « Intégrer la dimension de genre dans la communication fédérale » – Guide pour les communicateurs fédéraux« , Comm collection n°25
Un défi d’ampleur
Le 9 octobre 2014, à l’occasion d’un colloque organisé pour les associations bruxelloises subventionnées par la Cocof, sous l’égide de la Fondation Roi Baudouin, la RBC fera connaître son rapport Pékin, relifté pour la circonstance sous une forme et une présentation conviviales. Quatre ateliers participatifs y seront proposés par les auteurs du rapport. Voir le Rapport Pékin de la Région de Bruxelles capitale :

Certes, il reste de nombreux obstacles à la mise en œuvre concrète du Gender mainstreaming et les termes du rapport transmis par le GIC à la présente législature sont durs. On peut ainsi y relever:
– « la difficulté à faire en sorte qu’une approche transversale produise des résultats au niveau des politiques sectorielles ;
– le manque de soutien politique et hiérarchique vis-à-vis de la démarche ;
– le manque d’intérêt des départements sectoriels vis-à-vis de l’égalité hommes-femmes ;
– le manque de moyens humains consacrés à la mise en oeuvre de l’approche au sein des départements ;
– le manque (d’utilisation) de statistiques ventilées par sexe ;
– la faiblesse de la culture d’évaluation d’impact des politiques publiques ».
Cependant, de nombreux moyens d’action sont possibles, insiste Françoise Goffinet. Comme la mobilisation du réseau de fonctionnaires Egalité dans les communes. Ou la signature de protocoles bilatéraux entre l’IEFH, le Centre pour l’Egalité des Chances et les entités fédérées. Ou la propagation via les Espaces Wallonie qui disposent de 11 bureaux d’information sur le territoire wallon. Ici encore, la sensibilisation et l’information les plus directes se font en face à face. Du chemin encore à parcourir pour l’intégration du genre dans les politiques et dans la société, en semant des petits cailloux…