Indicateurs de suivi (h/f) du Plan Marshall 2.vert: une collecte délicate mais des progrès en vue

Alain VaessenAvec ses 165 actions et presque 3 milliards inscrits au budget, le Plan Marshall 2.vert compte pour quelque chose dans l’image de dynamisme que la Wallonie renvoie à l’extérieur… et dans le moral des Wallons. Le Délégué spécial du Service public de Wallonie, Alain Vaessen, était ce 10 juin l’invité du CWEHF.
Le Délégué spécial chargé du pilotage et du suivi des plans stratégiques pour le SPW et les OIP, Alain Vaessen, présentait le 22 mai dernier au Conseil économique et social de Wallonie le bilan de la troisième année de service de ce Plan. Appels à projet des pôles de compétitivité, Plan Langues, octroi de garanties par la Sowalfin, alliance Emploi Environnement, Ecopacks, chèques coaching, ces réalisations ont marqué les esprits. On retient surtout la performance en matière d’emploi : outre les emplois directs générés par les appels à projet dans les pôles de compétitivité (près de 4.000 si on reprend les appels à projet « depuis le début »), 2.434 postes de travail APE/PTP ont pu être maintenus et 157 emplois créés dans le secteur non marchand, 953 emplois créés dans le secteur marchand et divers appels à projets lancés en 2012 pour booster l’emploi dans le secteur de l’aide aux personnes dépendantes et des métiers verts.

L’occasion pour le CWEHF d’inviter le Délégué spécial (rompu à cet exercice puisqu’il rapporte à 32 Directions générales) à donner sa vision… de l’égalité des chances entre hommes et femmes dans la mise en œuvre et le monitoring du PM 2.vert.

Plus précisément, s’interroge le CWEHF : comment sensibiliser les pilotes du Plan à la dimension de genre ? Comment récolter des statistiques fiables sur les filières, les heures de formation dispensées, la percée réalisée en matière de sensibilisation aux métiers scientifiques et techniques, le statut des chercheurs, la sensibilité à l’entrepreneuriat ? Le tout en se réservant la possibilité d’appréhender les variantes selon le sexe, de façon à sensibiliser, voire à donner si nécessaire un petit coup de pouce aux politiques publiques pour remédier aux déséquilibres qui seraient constatés.

Souvent, on part de zéro

Premier constat, observe Alain Vaessen, répondant en toute franchise à une question que le CWEHF lui avait posée voici un certain temps déjà : ni le jury interne chargé d’évaluer les appels à projets spécifiques aux pôles de compétitivité, ni son comité de gouvernance ne compte de femmes en son sein. Par contre, à la demande du CWEHF, quelque 25 indicateurs présentant une dimension de genre peuvent être activés pour mieux mettre en évidence le facteur « genre » dans le suivi des politiques publiques, dont quelques-uns immédiatement et une vingtaine sur demande expresse et motivée, moyennant une périodicité réaliste et un rapport praticabilité-coût acceptable.
Deuxième constat, pour créer des indicateurs il ne suffit pas de rajouter une colonne à un tableau Excel. On distingue ainsi les indicateurs « simples » et les indicateurs « compliqués » à mettre en œuvre, en termes budgétaires notamment. Souvent , on part de zéro. Il faudra donc arbitrer.
Parmi la liste des indicateurs h/f dont le suivi est a priori faisable, voire activé dans le dernier rapport annuel du PM 2.vert:

  • le nombre de bénéficiaires d’essais métiers par métier et par sexe : cet indicateur annuel à mettre en place au sein de l’IFAPME livrerait de précieuses tendances sur les filières privilégiées et celles qui le sont moins ;
  • les emplois APE/PTP créés et maintenus, par sexe, dans le secteur marchand et dans le secteur non marchand ; les emplois APE et PTP « jeunes », par sexe (mise en œuvre Forem) ;
  • le nombre de candidatures au Grand Prix wallon de l’Entrepreneuriat (GPWE), par sexe, dans les différentes catégories de concours (en 2012 : « starter », « croissance », « reprise ») ;
  • l’offre de formation en alternance (mise en œuvre annuelle IFAPME) ;
  • les crédits et garanties octroyés par établissement et par sexe : nombre de dossiers de produits mixtes octroyés par sexe via la Socamut ; ventilation des microcrédits octroyés ; ventilation des aides à l’exportation (Sofinex) ;
  • la ventilation des mesures de soutien à l’économie verte et au bien-être social, via par exemple : le nombre d’étudiants suivant un post master en motorisation propre au circuit de Spa Francorchamps ou les mesures de sensibilisation à l’éco-conception (mise en œuvre Wallonie Design) ;
  • le nombre de bénéficiaires des actions de promotion des métiers scientifiques et techniques, par sexe.

Par contre, voici la liste des indicateurs que le CWEHF avait listés mais pour lesquels il est plus délicat d’obtenir une collecte genrée :

  • le pourcentage d’entreprises partenaires des pôles de compétivité dirigées par une femme ; le nombre de femmes qui composent le conseil d’administration de ces entreprises (un total de 1.132 entreprises sont membres des pôles…) ;
  • le nombre de chercheurs (h/f) engagés dans les programmes d’excellence de la DGO6 Recherche;
  • le taux de participation des projets menés par une femme aux programmes internationaux de recherche ;
  • le nombre de techniciens ventilés par sexe dans les centres d’excellence ;
  • le nombre de mandats par sexe dans les programmes spin off et spin out ;
  • le développement d’actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat orientées vers les jeunes, par sexe (mise en œuvre possible à partir de 2014 au niveau de l’ASE) ;
  • le nombre d’enseignants bénéficiaires d’actions en matière d’esprit d’entreprendre, selon le sexe des enseignants participant à l’action (mise en œuvre ASE) ;
  • les appels à projet en matière d’accompagnement des commerçants : nombre de commerçants sensibilisés et/ou accompagnés par sexe.

Synergies possibles

Ceci dit, commente Alain Vaessen à titre personnel (ceci est à apprécier, souligne-t-il, par le Cabinet qui a en charge cette problématique), il existe certaines possibilités de synergies dans le monitoring des politiques publiques : ainsi, les mesures proposées par le Plan global égalité de la Ministre Tillieux pour la mise à disposition de logements sociaux modulables selon l’âge (et le sexe), pourraient se greffer dans le plan PIVERT promu par le PM 2.vert et portant sur la rénovation énergétique dans le logement public. A cet égard, l’introduction d’une dimension de genre dans les statistiques du parc de logements prend tout son sens. L’institut wallon de prospective et de statistique, l’IWEPS, a par ailleurs déjà reconnu l’utilité d’une analyse affinée en incluant la dimension de genre dans les évaluations qu’il mène, dont celle du Plan global égalité.

Voici la présentation d’Alain Vaessen

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