Femmes et emploi: des statistiques nuancées

img_6069Mme Béatrice Van Haeperen (IWEPS)  exposait le 11 mars dernier au CWEHF le sujet « femmes dans l’emploi: aspects statistiques ». Untableau nuancé dont voici les principales conclusions.

Trois espaces sociaux seconjuguent pour impacter le taux d’emploi des femmes : espace familial, espace du marché du travail, espace de l’action publique.

Plus diplômées et moins victimes du chômage

  •  Entre 2000 et 2011, le taux d’emploi a augmenté en Wallonie et particulièrement celui des femmes ;
  • Si entre 1997 et 2011, le taux d’activité augmente, celui des femmes reste cependant inférieur à celui des hommes ;
  • Le taux d’activité par niveau d’éducation montre que ce taux est particulièrement faible pour les femmes de niveau d’éducation faible (max. un diplôme secondaire inférieur). La progression du taux d’activité au cours de la période (1995-2011) a été plus significative pour les femmes de niveau d’éducation moyen. Par contre, on constate une stabilité du taux d’activité pour les femmes très diplômées.
  • En ce qui concerne l’évolution comparée du taux de chômage masculin et féminin (1997-2011), on constate que les 2 courbes diminuent, mais que celle des femmes a plus fortement diminué que celle des hommes, de telle sorte que les 2 courbes ont tendance à se rejoindre en fin de période ;
  • Le niveau d’éducation a fortement augmenté chez les femmes et l’écart hommes-femmes s’agrandit à la faveur des femmes. Par contre, en ce qui concerne le niveau d’éducation des hommes, si en 2000, la Belgique était bien placée au niveau européen, elle se trouve actuellement en 3ème position en 2011 ;
  • L’évolution intergénérationnelle du niveau d’éducation montre que plus la population est jeune, plus le niveau d’éducation est élevé. Parmi les personnes de 60 ans et plus, 16% pour les femmes, 22% pour les hommes. Parmi les jeunes, 44% des femmes et 34% pour les hommes ont un diplôme de niveau supérieur.
  • Le taux d’emploi pour les personnes peu éduquées est très faible, et en particulier pour les femmes. Les femmes sont donc largement pénalisées. A un niveau d’éducation supérieur, on constate qu’il y a peu d’écart entre les taux d’emploi des hommes et des femmes.

Le temps partiel toujours plébiscité par les femmes

Comment peut-on alors expliquer que la contribution des femmes sur le marché de l’emploi reste très différente de celle des hommes ? La réponse se trouve au niveau de la grande majorité des femmes qui sont à temps partiel.

  • Les réformes ont visé à encourager le travail à temps partiel ;
  • Il y a un besoin de certaines entreprises à engager à temps partiel ;
  • Il y a peu d’incitations de passer du temps partiel au temps plein ;
  • Les taux marginaux effectifs d’imposition (TME) pour les travailleurs à bas salaires sont élevés. Ces taux marginaux effectifs d’imposition varient avec l’intensité du temps partiel (d’autant plus élevé que le temps partiel est faible) et la composition du ménage (ce taux augmente s’il s’agit d’un seul travailleur avec 2 enfants ou plus). Si le revenu disponible des femmes augmente, elles vont y perdre par l’imposition et se voir supprimer certains avantages sociaux !;
  • La contribution du temps partiel est très importante (6,5%) dans la croissance de l’emploi salarié (13%), et en particulier le temps partiel féminin. Le taux d’emploi à temps partiel est plus répandu parmi les femmes peu éduquées (60%). On constate également une légère augmentation du temps partiel pour les femmes ayant un niveau d’éducation élevé ;
  • En ce qui concerne les femmes placées dans des professions de cadre, on constate une faible diminution du pourcentage de femmes dans ces fonctions : de 35% à 32%. Elles sont très présentes dans les secteurs de l’action sociale et de la santé. Par contre, la parité est quasi respectée au niveau du secteur industriel. On constate que les écarts de segmentation atteignent 10% dès qu’elles ont des enfants. Elles choisissent des métiers à temps partiel pour aménager leur temps de travail et la gestion des contraintes familiales.
  • En ce qui concerne les écarts de salaires, 50% de l’écart peuvent être expliqués par le métier, le temps partiel, la durée du contrat de travail, les caractéristiques individuelles, le type de ménage…. Mais 5% de l’écart reste inexpliqué. Il s’agit donc de la discrimination.

« Protégées » de la crise par la répatition sectorielle de l’emploi?

Concernant les effets conjoncturels liés à la crise de 2008 (statistiques du 1er trimestre 2008 et  le 1er trimestre 2011) :

  • Les femmes ont été davantage protégées par la crise du fait de la segmentation des secteurs investis par les femmes et les hommes. Les femmes se trouvent principalement dans des secteurs qui ont moins été touchés par la crise ;
  • Le taux d’activité des hommes a plus baissé que celui des femmes (-3 points pour les hommes, -1,3 points pour les femmes) ;
  •  Le taux d’emploi des hommes a plus baissé que celui des femmes (- 2,5 points pour les hommes, -0,5 point pour les femmes) ;
  •  Le taux de chômage des hommes a moins baissé que celui des femmes (-0,8% pour les hommes, -1,4% pour les femmes) ;
  •  La crise a diminué le taux d’emploi des hommes ainsi que leur taux d’activité. Une partie des hommes qui se sont retrouvés sans emploi sont venus remplir les rangs d’inactivité plutôt que ceux du chômage. Par contre, chez les femmes, l’emploi tend à se stabiliser. Comme la population active des femmes a légèrement tendance à augmenter, elles trouvent moins facilement du travail et donc le chômage augmente plus fortement pour elles. Donc, ce sont les hommes qui perdent principalement leur travail mais pas les femmes.
  •  Évolution de l’emploi dans l’industrie : l’emploi est dominé par des hommes à temps plein. Cet emploi à temps plein a diminué (-5,9%). Par contre, l’emploi à temps partiel des hommes augmente (+6,6%). Pour les femmes, on constate également une diminution d’emploi à temps plein (-7,6%) et une augmentation du temps partiel (+ 3,3%). Proportionnellement, l’emploi à temps partiel progresse plus chez les hommes que chez les femmes dans l’industrie.
  •  Évolution de l’emploi dans les services : l’emploi est dominé par les femmes. L’emploi des hommes à temps partiel augmente (+ 17% de 2008 à 2011 et + 40% entre 2005 et 2011). Pour les femmes, on observe que l’emploi total augmente de 3,2% de 2008 à 2011 mais de 14% de 2005 à 2011. Le temps partiel féminin contribue le plus au temps de travail dans les services. Ce secteur a donc été peu touché par la crise et a permis de protéger une partie des emplois.
Voici la présentation de Béatrice Van Haeperen :
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Une réflexion sur “Femmes et emploi: des statistiques nuancées

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